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Art Togo

L’art contemporain en Afrique et son potentiel de développement méconnu

Fabrice Adjakly, Togo
Palais de Lomé, Togo.

L’art contemporain africain est connu pour représenter minutieusement des détails typiques de l’esthétique africaine. Selon le célèbre militant afro-américain Mos Def, “l’art africain est fonctionnel ; il sert un but. Ce n’est pas un art en sommeil. Il ne vise pas à être acclamé par le plus grand nombre de personnes. Il devrait être une guérison, une source de joie”. Au début du XXe siècle, de nombreux artistes tels que Modigliani, Derain et Picasso furent fascinés par l’art africain et ses formes uniques d’abstraction, d’asymétrie par l’équilibre et de primitivisme.

Les origines des arts africains sont enfouies dans la période inconnue et non répertoriée de l’Histoire. Les plus anciennes reliques furent trouvées dans la péninsule sud, et remontent à 75 000 ans. Des artistes contemporains d’origine africaine tels que Zohra Opoku, Kudzanai Chiurai, Godfried Donkor, Meschac Gaba, Nástio Mosquito, Julie Mehretu, El Anatsui, Mesai Haileleul, Rakeb Sile, Abdoulaye Konaté et bien d’autres utilisent leurs créations pour interpréter et dépeindre les réalités socio-économiques, les défis politiques, la richesse des traditions et les multiples beautés de l’Afrique. Ces artistes reconnus et émergents continuent à influencer l’évolution de l’art contemporain en Afrique.

Promotion de l’art africain contemporain

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Le Musée d’art contemporain, Ouidah, Benin.

Des capitales artistiques émergentes comme Accra, Addis-Abeba, Le Cap, Dakar, Lagos et Marrakech ont une nouvelle histoire à raconter, celle du nouveau marché de l’art africain.

Malgré l’absence d’un véritable marché de l’art en Afrique, des institutions ambitieuses voient le jour. Au cours des trois dernières années, des musées comme le Palais de Lomé au Togo, le Zeitz MOCAA au Cap, le Musée d’art contemporain africain Al Maaden à Marrakech et le Musée des civilisations noires à Dakar ont été inaugurés avec pour mission d’écrire leur propre histoire de l’art contemporain.

Des initiatives et des projets similaires se multiplient dans divers centres régionaux à travers toute l’Afrique. Les musées et les grandes expositions offrent une tribune pour réévaluer les valeurs et les objectifs actuels en présentant des objets africains au public, non pour la seule satisfaction de l’artiste mais aussi pour l’opportunité commerciale.

Les forums discutent déjà de l’importance d’investir dans l’éducation artistique sur le continent et de la nécessité impérative d’un art reflétant les réalités locales et spécifiques à chaque pays.

A l’occasion de la table ronde sur l’art contemporain africain qui s’est tenue au dernier trimestre 2018 à Paris, M. Firmin Edouard Matoko, Sous-Directeur Général pour la Priorité Afrique et les Relations extérieures de l’UNESCO a réaffirmé son engagement à protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles et a souligné la nécessité de reconnaître la culture comme une composante essentielle du développement social et économique.

“En réalité, je pense que le secteur privé, les philanthropes, sont les seuls à pouvoir faire bouger les choses en Afrique de l’Ouest, dans des pays comme le mien”, déclare Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art et entrepreneure franco-béninoise.

Pour conclure, une des questions posées à Mme Zinsou dans une interview accordée au magazine Apollo en septembre 2020 était la suivante :

“Comment est-il possible de se développer intellectuellement sans aucun musée et sans jamais être exposé à l’art ?

Reste à espérer que les autorités locales de chaque région africaine s’efforcent de créer des tribunes pour exposer le caractère unique de l’esthétique africaine et servir de source de guérison et de joie.

Références:

https://www.contemporary-african-art.com/

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